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Pelé ou Messi : ce débat sur le « GOAT » dépasse largement les terrains de football


Qui est le plus grand footballeur de tous les temps, Pelé ou Lionel Messi ? Il ne se passe pas un jour, pas une heure, peut-être pas une minute sans que cette question revienne. Et il ne fait aucun doute que la piètre performance de l’Argentine à la finale de la Coupe du monde de 2026 est venue mettre l’huile sur ce débat enflammé.

Michael Jordan ou Lebron James ? Serena Williams ou Steffi Graf ?

S’il est une activité qui ne manque pas d’alimenter les conversations dans le monde du sport, c’est bien celle d’établir le classement des plus grands athlètes, de désigner la crème de la crème de ces hommes et femmes que nous adulons.

𝗟𝗲 𝗿𝗼𝗶 𝗣𝗲𝗹𝗲́ 𝗲𝘀𝘁 𝗺𝗼𝗿𝘁, 𝘃𝗶𝘃𝗲 𝗹𝗲 𝗿𝗼𝗶 𝗣𝗲𝗹𝗲́ !

Or, en ce qui concerne le sport roi, le plus grand de tous les temps nous a quittés le 29 décembre 2022, mais depuis quelques semaines, certaines personnes tentent par tous les moyens de détourner l’héritage de l’ancien buteur du Brésil pour couronner Lionel Messi.

Ce que ces gens-là refusent de comprendre, c’est que les exploits de l’icône du football restent fortement ancrés dans le tissu social, politique et identitaire des Noirs, et qu’il est inutile d’essayer de glisser Pelé au second ou même au troisième rang.

Dit autrement, le roi Pelé est mort, vive le roi Pelé !

En 1981, le journal français L’Équipe a désigné Edson Arantes do Nascimento, plus connu sous le nom de Pelé, comme le champion du siècle. Il a marqué le football par son style inimitable et sa capacité à performer sous pression.

Contrairement à d’autres vedettes du foot, qui comptent parfois sur un arbitrage partial pour se faufiler avec aisance vers la victoire, Pelé se distinguait particulièrement dans les moments cruciaux, comme il l’a fait en 1958 et en 1970.

N’était-ce pas Jean-Jacques Rousseau qui a dit que ce sont les grandes occasions qui font les grands hommes ?

𝗦𝘂𝗿𝗺𝗼𝗻𝘁𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗮𝗶𝗻𝘁𝗲𝘀 𝗹𝗶𝗲́𝗲𝘀 𝗮𝘂 𝗿𝗮𝗰𝗶𝘀𝗺𝗲

Beaucoup semblent oublier ou ignorer le fait que Pelé soit né à peine 52 ans après l’abolition de l’esclavage au Brésil (le dernier de l’hémisphère occidental à l’avoir aboli), et que, quand le génie du ballon rond a entamé sa carrière professionnelle, le football brésilien souffrait énormément du racisme.

Dès ses débuts avec le club Santos FC, alors qu’il n’était qu’un adolescent, ses coéquipiers l’ont surnommé « Gasolina » (l’Essence), en établissant un lien avec la couleur noire du pétrole et sa peau.

Pelé a également été victime de propos racistes dans l’uniforme de la sélection brésilienne, mais cela n’a pas empêché le jeune prodige de marquer le but décisif contre le pays de Galles en quart de finale, un triplé en demi-finale face à la France et un doublé en finale contre la Suède, lors de la Coupe du monde 1958 en Suède.

Et n’oublions surtout pas ce fait : lorsqu’il a accompli ces exploits, il était seulement âgé de 17 ans, tandis que l’âge moyen de tous les joueurs ayant participé à ce Mondial était de 28 ans.

Dans ce cas, la question à se poser est la suivante : comment cet adolescent a-t-il pu encaisser les coups de ces adultes ?

En 1970, lors de la finale de la Coupe du monde à Mexico, Pelé a guidé son équipe vers une victoire triomphale contre l’Italie. Il a inscrit le premier but du match et distribué deux passes décisives, dont une à l’aveuglette.

L’intelligence, la technique et la puissance du seul joueur à avoir remporté trois Coupes du monde (1958, 1962 et 1970) lui ont permis de marquer 1281 buts et de remporter 12 titres majeurs avec l’équipe de Santos FC.

Qui dit mieux ?

Il est certain que Lionel Messi possède la capacité de marquer autant de buts. Toutefois, le titre de meilleur joueur de football de tous les temps ne se limite pas aux statistiques footballistiques.

En d’autres mots, la grandeur du roi Pelé dépasse les terrains de football.

𝗟𝗮 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝘀𝘁𝗮𝗿 𝗱𝘂 𝗳𝗼𝗼𝘁𝗯𝗮𝗹𝗹

Dans les années 1960, une décennie marquée par le mouvement américain des droits civiques et par la décolonisation de plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne, Pelé représentait une source d’inspiration et une force de détermination pour les Noirs.

Il a parcouru le monde entier de manière à promouvoir son sport et à permettre aux jeunes de rêver, d’imaginer d’un monde meilleur. D’un monde dans lequel les grandes réussites seraient accessibles à tous.

Que ce soit en Haïti, en Jamaïque, au Nigeria, au Congo, en Algérie ou au Sénégal, Pelé a été accueilli en héros par ses supporters et reçu par les chefs d’État, qui ne cachaient pas leur admiration pour le roi.

En Europe, les gens étaient fascinés par ce footballeur noir qui remplissait le filet des clubs européens (200 buts en autant de rencontres) quand il était en tournée de matchs amicaux avec le Santos FC.

L’influence de Pelé est telle que les médias et des historiens ont inventé une légende selon laquelle sa présence et celle de son équipe, Santos, au Nigeria, ont provoqué un cessez-le-feu temporaire pendant la guerre civile (1967-1970). Cela a permis aux combattants d’assister au match.

En 1975, lorsque Pelé est revenu en Haïti avec le Cosmos de New York pour affronter le club Violette, ma mère et moi sommes allés voir le match avec une voisine. Madame Bruno était tellement fascinée par le génie du Brésil qu’elle a choisi de prénommer ses deux premiers garçons, Pelé et Edson.

À l’époque, je n’avais pas l’âge pour comprendre le match ou évaluer les performances des joueurs, mais ce point ne faisait aucun doute dans mon esprit : Pelé a fait vibrer le stade Sylvio Cator, et ce, du début jusqu’à la fin.

Donc, pour revenir au sujet qui nous occupe, qui est le meilleur entre Pelé et Messi ?

Permettez-moi de répondre à cette question par une contre-question : comment peut-on évoquer le nom de la plus grande icône de l’histoire du sport dans une discussion aussi futile ?


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Auteur

Gagnant du prix Rédacteur (rice) d’opinion aux Prix Médias Dynastie 2022, Walter Innocent Jr. utilise sa plume pour prendre position, dénoncer et informer. Depuis 2017, il propose aux lecteurs du magazine Selon Walter une analyse critique de l'actualité.

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