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Il faudrait se mettre dans la peau de Jason Arday pour comprendre le harcèlement racial


Elles n’oseront pas le dire publiquement par peur de représailles, mais de nombreuses personnes noires sont victimes de harcèlement racial au travail, ici même, au Canada. Cela peut sembler difficile à croire, mais, à l’instar de Jason Arday, le plus jeune professeur noir de l’université Cambridge, qui est mort, plusieurs individus de la communauté noire subissent des micro-agressions répétées en raison de la couleur de leur peau. 

De toute évidence, Jason Arday a payé son ascension au sein de Cambridge au prix cher.

« 𝗧𝘂 𝗱𝗼𝗶𝘀 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝗿 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝗳𝗼𝗶𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝘁𝘂 𝗲𝘀 𝗡𝗼𝗶𝗿 »

En fait, il faudrait se mettre dans la peau de Jason Arday, ne serait-ce que quelques heures, pour comprendre le harcèlement et la discrimination fondés sur la « race » ou la couleur que celui-ci aurait subis depuis des années. 

Pour certains, cet exercice nécessite un effort immense, mais, pour la majorité des Noirs, il s’agit d’un jeu d’enfant : depuis leur tendre enfance, leurs parents leur ont inculqué le principe selon lequel tu dois travailler deux fois plus dur parce que tu es Noir, car les employeurs préféreront une personne blanche sans instruction à toi.

 

CAMBRIDGE, ENGLAND – AUGUST 17: Flowers and cards placed by students and staff outside The Senate House on August 17, 2026 in Cambridge, England. Tributes have been paid to the former Cambridge professor Jason Arday, who was found dead at his home in London on August 14, days after he resigned from his position amid accusations of plagiarism, which he had denied. (Photo by Nordin Catic/Getty Images)

Nul besoin de vous dire que l’obligation de faire beaucoup mieux qu’une personne blanche pour avoir les mêmes choses vient avec son lot de problèmes.

Selon des proches et des collègues, Jason Arday a connu l’enfer depuis sa nomination à cette prestigieuse université. Donc, à la manière d’un oxymore, Arday a vécu trois années infernales avant d’aller vivre au paradis. 

Comme le dit le vieil adage, il suffit d’une seule goutte de plus pour faire déborder le vase. 

Pour Jason Arday, il a suffi qu’il devienne l’objet d’une chasse aux sorcières. Une chasse aux sorcières acharnée contre celles et ceux qui ont la peau noire et qui osent atteindre le sommet. 

Michael Jackson, Barack Obama, Serena Williams, Meghan Markle et Dominique Anglade, des personnalités afrodescendantes, ont également goûté aux effets dévastateurs du lynchage médiatique. La liste est longue, et, comme vous le savez, la durée de ce traitement injuste fondé sur la couleur de peau est aussi longitudinale. 

𝗟𝗲 𝗡𝗼𝗶𝗿 𝗻’𝗮 𝗽𝗮𝘀 𝗹𝗲 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁 𝗮̀ 𝗹’𝗲𝗿𝗿𝗲𝘂𝗿, 𝘂𝗻𝗲 𝗿𝗲́𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹𝗲 𝗽𝗲𝘀𝗮𝗻𝘁𝗲

Jason Arday, l’université de Cambridge et le procès médiatique. 

Après la fin tragique de cette histoire, la question n’est peut-être plus de savoir si le défunt professeur s’est créé un monde fabulé pour son CV ou non, mais bien de savoir s’il aurait connu une couverture médiatique aussi spectaculaire s’il avait été un homme blanc. 

Arday a fait l’objet de 249 articles sur une période de 22 jours précédant la mi-août 2026. De ce total, 188 articles ont été publiés les neuf derniers jours suivant sa démission. 

C’est absurde. 

Et c’est assurément raciste, sachant que celui qui a mené le bal de cette danse déroutante et perverse est un adepte du suprémacisme blanc. 

Mais le plus triste et le plus tragique de cette histoire, c’est de constater le déficit d’empathie de certaines personnes qui continuent à crucifier Jason Arday après sa mort. 

Cela démontre que même dans leur finitude, les personnes noires n’ont pas droit à l’erreur. Elles doivent se conformer même dans l’au-delà.

Bref, le racisme tue, et on ne peut se contenter de fermer les yeux sur les cruautés de cette arme de haine.


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Auteur

Gagnant du prix Rédacteur (rice) d’opinion aux Prix Médias Dynastie 2022, Walter Innocent Jr. utilise sa plume pour prendre position, dénoncer et informer. Depuis 2017, il propose aux lecteurs du magazine Selon Walter une analyse critique de l'actualité.

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