Après avoir passé en revue les critiques du film biographique sur Michael Jackson, je dois poser un constat : les médias blancs ne peuvent pas comprendre l’engouement pour le roi de la pop, tout comme l’Amérique noire ne comprend pas pourquoi Elvis Presley est considéré comme le roi du rock’n’roll. Deux mondes, deux rois, une seule vérité : Michael Jackson a battu presque tous les records de vente d’albums, et, pour certains médias, ce fait est difficile à digérer.
Et osons dire ceci : Michael Jackson est le plus grand artiste de tous les temps. Non seulement il est le roi de la musique pop, mais aussi de la danse et du vidéoclip.
Plus de 105 millions d’exemplaires (Thriller) vendus, 8 Grammy Awards reçus en 1984, et l’album ayant passé le plus de semaines à la première place du classement Top R&B Album : qui dit mieux ?
Michael Jackson face au racisme de MTV
Depuis le 25 avril, date de la sortie du film Michael, plusieurs d’entre nous se sont présentés dans les salles de cinéma avec l’idée d’effectuer un voyage dans le temps, dans les années 1980, l’âge d’or de la musique. Le film Michael ravive les souvenirs de notre enfance, de notre adolescence.

Je profite de l’occasion pour saluer la performance de Jaafar Jackson, 26 ans, neveu de Michael Jackson, qui incarne avec brio son oncle à l’écran. Mention d’honneur également à Nia Long et Colman Domingo qui, respectivement, incarnent la mère et le père du roi de la pop.
Cela dit, malgré des critiques peu élogieuses de la part des médias occidentaux, les premières recettes de Michael, qui a été réalisé par Antoine Fuqua, atteignent 97 millions dans les salles de cinéma aux États-Unis et au Canada, un record pour un biopic. À l’échelle mondiale, le film dépasse les 200 millions de dollars de recettes.
Mais au-delà de ces statistiques, force est de reconnaître que Michael Jackson a révolutionné la musique, la danse et le clip vidéo. Son influence sur les arts et la musique est sans égale.
Par exemple, dans le film, on apprend qu’en 1983, la chaîne de télévision musicale MTV refusait de jouer les vidéos de Jackson, malgré le succès impressionnant de l’album Thriller.
Il faut savoir qu’à l’époque, la petitesse d’esprit de cette grande chaîne de télévision l’a poussée à commettre des gestes de racisme en boycottant les artistes noirs.
Mécontent de la situation, Michael Jackson en a parlé aux patrons de Sony Music, qui, avec l’aide de David Bowie, ont forcé MTV à jouer Billie Jean, la chanson phare du roi de la pop, et les cotes d’écoute ont été phénoménales.
Pour la petite histoire, MTV avait connu des pertes de 50 millions de dollars après seulement deux années d’existence, et sa société mère était prête à tout arrêter.
Or, l’immense succès des vidéos Billie Jean, Beat It et Thriller ont permis à MTV de réaliser son premier bénéfice trimestriel. En d’autres mots, Michael Jackson a sauvé la vie de la chaîne de télévision qui le rejetait, et a également ouvert la voie aux autres artistes noirs, notamment Prince, Run-DMC, Whitney Houston et Bobby Brown.
À vrai dire, la majorité des personnes noires se reconnaissent dans cette histoire marquée par l’hypocrisie et l’incohérence.
À Montréal, comme dans de nombreuses autres villes nord-américaines, des propriétaires de boîtes de nuit interdisent l’entrée aux clients noirs, mais, paradoxalement, ils utilisent la musique et la culture des gens qu’ils méprisent pour faire des affaires en or.
Les médias occidentaux peuvent-ils s’identifier à la discrimination fondée sur la couleur de peau des artistes noirs ?
Je réponds non.
Quand Michael nous accompagne dans notre quotidien
Un autre point essentiel à retenir : grâce au célèbre moonwalk de Michael Jackson, le breakdance est encore vivant et a même fait une apparition aux Jeux de Paris 2024 à titre de discipline olympique. Tout le monde se souvient quand Michael s’est mis à se déplacer à reculons lorsqu’il performait à l’événement musical Motown 25, produit en 1983, par Suzanne de Passe, d’origine haïtienne.
Depuis cet événement télévisuel, Michael nous accompagne dans notre quotidien.
Le refrain « Ma-ma-se, ma-ma-sa, ma-ma-coo-sa » résonnait constamment dans notre tête, mais aucun d’entre nous ne connaissait la signification de ces termes. Tout comme les paroles de ses chansons, les moments de gloire du roi de la pop se sont faufilés dans notre vocabulaire et font partie intégrante de notre joie de vivre.
Que ce soit au parc d’attraction La Ronde, à la cabane à sucre, aux réceptions de mariage, aux célébrations de première communion ou dans les discothèques, Michael était présent. Ses sosies, portant le fameux gant blanc et le manteau Beat It, sillonnaient les lieux.

Les médias semblent ignorer à quel point les communautés noires étaient fières de leur héros.
On pourrait aussi se demander si la cécité des médias ne les a pas aussi empêchés de voir l’immense popularité de Michael Jackson auprès des jeunes Blancs.
En fait, le problème est ailleurs.
Il se trouve dans le fait que Michael était (et l’est encore) perçu comme une menace. Plusieurs ne conçoivent pas qu’un artiste noir indépendant et prospère ait obtenu autant de pouvoir dans une industrie dominée par les Blancs.
La sonnette d’alarme a retenti lorsque Michael Jackson a acquis le catalogue des chansons des Beatles.
Ce coup de maître financier a démontré que le chanteur afro-américain, que les journalistes blancs appelaient malicieusement «Wacko Jacko », était beaucoup plus qu’un génie de la musique. C’était une personne intelligente et avisée, qui aspirait toujours à ce qui était perpétuel.
Pour conclure, si vous êtes un vrai admirateur de Michael Jackson et que vous allez voir le film, ne vous attendez pas à apprendre plus sur votre idole. Vous allez chanter, danser et faire la fête, comme à l’époque. Comme plusieurs l’ont fait dans les salles de cinéma aux États-Unis, en Allemagne et en France.
Car, n’en déplaise aux médias, Michael n’est pas un film biographique, mais bien la résurrection du plus grand artiste de tous les temps.
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