Selon Aristote, l’un des penseurs influents que le monde ait connus, il existe trois types d’amitié. Le premier type est l’amitié d’utilité, qui est fondée sur les intérêts et les besoins réciproques. Chacun y trouve un avantage matériel ou social. Et cette amitié se termine dès que l’avantage ou le besoin disparaît. C’est souvent le cas dans certaines alliances politiques et en relations de travail.
Le deuxième type est l’amitié de plaisir, basée sur la quête de divertissement, d’agrément et d’expériences partagées. Très fréquente chez les jeunes, cette amitié s’étiole lorsque les goûts ou les passions changent.
Le troisième type est l’amitié de vertu, la seule véritable amitié, selon Aristote, l’un de mes philosophes préférés. Pour lui, l’amitié de vertu est stable et durable, car elle unit des personnes vertueuses et semblables qui s’aiment pour ce qu’elles sont et s’encouragent mutuellement à grandir.

Nul besoin de vous dire que les choses ont beaucoup évolué depuis le classement de l’amitié (la philia) d’Aristote : les révolutions des technologies numériques ont transformé nos façons de socialiser. Autrement dit, grâce aux réseaux sociaux, il est possible de tisser des liens d’amitié avec certaines personnes sans quitter notre domicile.
De ce fait, il est permis de dire que, si le philosophe grec vivait aujourd’hui, il ajouterait un quatrième type à son classement : l’amitié virtuelle, plus particulièrement Facebook.
Pour moi, les amis Facebook, ces amis virtuels, ont leur importance dans la vie réelle. Cela peut paraître paradoxal, mais lorsqu’on y pense bien, on constate que ces relations virtuelles peuvent comporter des avantages pour plusieurs d’entre nous.
L’utilité de Facebook va au-delà du réseautage, des articles et des vidéos que nous partageons. Ou même de la possibilité de garder contact avec des proches dont nous nous sommes éloignés ou que nous avons perdus de vue.
Sur la plateforme de Mark Zuckerberg, il y a aussi une forme de solidarité et d’empathie qui se révèle dans des circonstances exceptionnelles.

Par exemple, après vous être informé publiquement d’une triste nouvelle qui affligeait ma famille, vous avez manifesté votre soutien de manière respectueuse. Vos pensées les plus douces m’ont touché droit au cœur, et je vous en remercie.
Certains m’ont écrit en privé pour me réconforter par des témoignages poignants, ce qui a donné des résultats positifs. J’ai même reçu des suggestions de lecture apaisante et des propositions d’aide.
C’est dans les moments marquants, qu’ils soient difficiles ou remplis de joie, que l’on constate à quel point un soutien amical est vital pour notre équilibre.
Bien entendu, sur Facebook, il n’est pas rare de voir des amis être en désaccord et se disputer pour tout et rien. Parfois, pour des choses futiles. Toutefois, ils ont cette capacité à se mobiliser pour trouver des solutions aux problèmes de tout un chacun.
J’ai toujours été fasciné par la solidarité de ce monde virtuel. Je tente de le comprendre dans toute sa complexité. Je m’interroge sur le nombre de trolls, de fantômes (profils anonymes) et de discordes qui s’entremêlent à la bienveillance des membres Facebook.
Bref, j’ai fini par comprendre que, comme le dirait Jean Coutu, sur Facebook, on trouve de tout, même un ami.
Et cet ami-là peut être beaucoup plus important que vous le pensez.
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