Comme l’a dit Tom Hanks dans le film Forrest Gump (1994), la vie, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Prenons le cas de la CAQ, ou, si vous préférez, de l’équipe Fréchette, qui continue de nier l’existence du racisme systémique au Québec. Il y a près de six ans, ce parti politique flottait au-dessus du monde avec une arrogance inimaginable. Or, en vue des élections provinciales 2026, il était prévisible que la CAQ allait revenir sur terre, mais nul ne pensait qu’elle tomberait si bas.
Sa chute a été si brutale qu’elle a provoqué sa disparition de la carte électorale.
Le parti, qui a été fondé par François Legault, n’a élu aucun député, ayant récolté seulement 13 % des voix exprimées.
Quelle déconfiture !

Je ne jubile jamais devant le malheur des autres, mais j’estime que ce moment historique des élections du Québec représentait l’occasion d’exprimer un devoir de mémoire.
Je me souviens qu’en 2020, dans la foulée de l’affaire George Floyd, François Legault, alors chef du Parti Coalition Québec et premier ministre, refusait de reconnaître l’existence du racisme systémique dans la Belle Province.
« Je pense que la discrimination existe au Québec, mais il n’y a pas de discrimination systémique. Il n’y a pas de système de discrimination », avait-il déclaré, malgré des événements qui nous laissaient croire le contraire.
Le 18 septembre 2020, Joyce Echaquan, une femme autochtone de 37 ans, meurt à l’hôpital de Joliette, dans des circonstances exceptionnelles. Selon la coroner Géhane Kamel, le décès de Mme Echaquan était accidentel, mais le racisme et les préjugés auxquels celle-ci a été confrontée ont contribué à son décès.
La coroner avait même recommandé au gouvernement du Québec de reconnaître l’existence du racisme systémique et de prendre l’engagement de contribuer à son élimination.

Or, M. Legault a fait comprendre clairement que « Ti Mari p ap monte, Ti Mari p ap dessan », c’est-à-dire que les choses ne changeront pas, malgré les aveux de l’ancien premier ministre du Canada Justin Trudeau et d’autres politiciens, à l’époque.
La CAQ s’était isolée sur une île systémique.
Non seulement François Legault faisait la sourde oreille, mais il agissait comme Saint-Thomas : il refusait de croire ce qu’il ne voyait pas, ou, du moins, il ne croyait pas ce qu’il ne vivait pas.
S’il n’était pas lui-même victime de profilage racial, ce phénomène n’existait pas. C’est aussi simple que cela.
Le comble de l’absurdité réside dans le fait que cette simplification de la pensée avait même atteint Lionel Carmant et Shirley Dorismond, les disciples noirs du maître absolu de la CAQ.
Tout comme les autres personnes racisées de la province, je garde un souvenir douloureux de ce passé caquiste.
J’ai beau fouiller dans ma mémoire afin de trouver les bons coups de la CAQ, mais les propos racistes et xénophobes de Jean Boulet sur les immigrants reviennent constamment.

La fameuse déclaration de François Legault, en 2022, selon laquelle il serait suicidaire pour le Québec français si les seuils de 50 000 nouveaux arrivants par an étaient dépassés, papillonne dans mon esprit comme une feuille au gré du vent.
Et que dire de la fois où il a associé l’immigration à la violence ?
Pitoyable.
Or, aujourd’hui, la question qui se pose est celle-ci :
Après tant d’années de déni, et après avoir assisté à la mort en direct de la CAQ, François Legault aura-t-il le courage de reconnaître la fugacité de son parti ?
Comme le dirait Hamlet, être ou ne pas être, telle est la question.
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