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Le SPVM et les sans-abri, ces « nègres blancs » de Montréal


Pour mieux analyser cette histoire incroyable, je me suis inspiré de la formule de l’auteur Pierre Vallières. Plus les années passent, plus on voit la laideur du SPVM : quand ce ne sont pas les jeunes de la communauté noire qui sont victimes de la brutalité policière, ce sont des personnes en situation de grande vulnérabilité, comme les itinérants, qui subissent des traitements inhumains.

De Montréal-Nord au centre-ville de Montréal.

Selon ce qu’a rapporté La Presse vendredi, un policier du poste de quartier 21 aurait uriné sur un itinérant pendant ses heures de travail.

Dans ma terre natale, un tel acte de cruauté serait considéré comme un « 𝘮𝘢𝘥𝘪𝘤𝘩𝘰𝘯 », c’est-à-dire un comportement pouvant déclencher la malédiction.

𝗟𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘀-𝗮𝗯𝗿𝗶𝘀𝗺𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻 𝗮𝗰𝘁𝗲 𝗰𝗿𝗶𝗺𝗶𝗻𝗲𝗹

Le plus inquiétant, c’est que des organismes communautaires croient que cet événement est loin d’être un cas isolé.

Quand l’affaire du poste 39 est survenue au début de l’été, où une équipe de 16 policiers de ce poste a été démantelée, beaucoup de gens ont accordé leur soutien aux policiers, car ils considéraient que la communauté noire joue trop souvent la carte raciale.

Malgré l’histoire du « scalp », où des policiers arrachaient les cheveux de jeunes hommes noirs, ces gens-là ne bronchaient pas : « 𝘤’𝘦𝘴𝘵 𝘭𝘢 𝘧𝘢𝘶𝘵𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘫𝘦𝘶𝘯𝘦𝘴 𝘕𝘰𝘪𝘳𝘴 𝘥𝘦 𝘔𝘰𝘯𝘵𝘳𝘦́𝘢𝘭-𝘕𝘰𝘳𝘥 𝘴𝘪 𝘭𝘦𝘴 𝘱𝘰𝘭𝘪𝘤𝘪𝘦𝘳𝘴 𝘢𝘨𝘪𝘴𝘴𝘦𝘯𝘵 𝘢𝘪𝘯𝘴𝘪 ».

Or, aujourd’hui, il serait intéressant de savoir quelle carte ces mêmes personnes sortiront pour dissiper les soupçons à l’égard du policier du poste 21.

Il ne fait aucun doute que certains seront motivés par le classisme, cette forme de discrimination fondée sur l’appartenance à une classe sociale, pour dénigrer les itinérants. Mais, avant de s’égarer dans cette dérive sociale, il y a lieu de savoir que ça peut arriver à n’importe qui.

𝗨𝗻 𝗶𝘁𝗶𝗻𝗲́𝗿𝗮𝗻𝘁 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻 𝘂𝗿𝗶𝗻𝗼𝗶𝗿

Qu’il soit Noir ou Blanc, un sans-abri n’est pas un urinoir. Au lieu de protéger ces personnes en situation d’itinérance, certains prennent plaisir à les ridiculiser, à les insulter.

Ce sont des gens qui ont des choses intéressantes à raconter, ou même, des conseils à prodiguer lorsqu’on prend le temps de les écouter.

Il y en a un en particulier, Foster, qui me racontait des histoires sur Mike Tyson, Sugar Ray Leonard et Roberto Duran, des légendes de la boxe qu’il a côtoyées lorsqu’il faisait de la boxe amateur.

Il importe de comprendre que le sans-abrisme n’est pas criminel, et qu’il mérite toute notre attention.

Malheureusement, force est de constater que la hiérarchisation raciale et sociale s’est emparée du SPVM, et que, pour certains policiers, les itinérants sont les nouveaux « nègres d’Amérique », comme l’avait écrit l’auteur Pierre Vallières pour décrire la situation des Canadiens français, dans les années 1960.

L’unique point positif de cette histoire, c’est que le policier fautif a été dénoncé par ses collègues.

On peut considérer cela comme un progrès en soi, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en matière de relations entre la police et la société.


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Auteur

Gagnant du prix Rédacteur (rice) d’opinion aux Prix Médias Dynastie 2022, Walter Innocent Jr. utilise sa plume pour prendre position, dénoncer et informer. Depuis 2017, il propose aux lecteurs du magazine Selon Walter une analyse critique de l'actualité.

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