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L’Oncle Sam, Pirate des Caraïbes et de l’Amérique latine


Ce texte ne constitue pas une critique du film du réalisateur Gore Verbinski, mais bien une dénonciation du comportement voyou de l’Oncle Sam, qui utilise le militarisme et le principe de la loi du plus fort pour s’enrichir. Ce n’est pas un secret pour personne que l’enlèvement du président Nicolas Maduro n’a rien à voir avec la drogue ou la démocratie. Il s’agit plutôt de la première étape du processus menant à un dap-piyan sur le pétrole du Venezuela.

Pour ceux qui ne connaissent pas le terme haïtien dap-piyan, celui-ci signifie s’emparer furtivement de quelque chose, le voler. Et c’est ce que les marines américains ont fait lorsque, en 1914, ils ont volé la réserve d’or d’Haïti, qui était entreposée à la Banque Nationale de la République d’Haïti.

La violence est dans l’ADN des États-Unis

N’étant pas satisfait de ce dap-piyan, l’année suivante, soit en 1915, l’Oncle Sam envahit Haïti. Au cours de cette occupation qui a duré 19 ans, les paysans haïtiens ont été dépossédés de près de 30 000 hectares des meilleures terres du pays, sans compter les milliers d’hommes et de femmes qui ont été tués par les marines américains.

Or, aujourd’hui, les États-Unis, présidés par Donald Trump, sont encore plus dangereux, plus affairistes, obsédés par les droits de douane, par la guerre.

C’était écrit dans le ciel que les Américains allaient attaquer Venezuela. Ce qui nous a surpris, c’est le kidnapping de Nicolas Maduro. Certes, ils ont déjà enlevé le président du Panama, Manuel Noriega, mais la capture de Maduro dépasse l’entendement.

On pourrait même conclure que le président Jean-Bertrand Aristide fait également partie des chefs d’État qui avaient été kidnappés par l’Oncle Sam. Cela s’est passé en 2004.

Dans une photo publiée par les médias, on voit Donald Trump regarder la retransmission en direct de la capture de Nicolas Maduro depuis sa maison en Floride. Une forme de téléréalité qui nourrit la pornographie de la violence.

« J’ai regardé l’arrestation de Maduro, et c’était semblable à une série télé », a-t-il déclaré.

La question que plusieurs se posent est la suivante : comment un chef d’État, lui-même criminel et dictateur, peut-il ordonner l’arrestation d’un autre chef d’État d’un pays souverain, en utilisant la drogue et la démocratie comme prétextes ?

À l’évidence, l’injustice et l’incohérence des États-Unis continuent de déstabiliser les Caraïbes et l’Amérique latine.

Un climat de peur et d’inquiétude

Et ce qui inquiète le plus, c’est le silence de la population américaine. Et celui du reste du monde, d’ailleurs.

Le monde serait-il en rupture d’humanité ? Ou, plutôt, la peur s’est-elle emparée de nous ?

Ces deux hypothèses sont valables.

Et osons le dire : rien ne semble pouvoir arrêter le locataire de la Maison-Blanche, qui, à mon avis, n’hésiterait pas à modifier la Constitution américaine afin de solliciter un troisième mandat à la présidence des États-Unis.

Et s’il se proclamait président à vie, comme l’avait fait le dictateur haïtien François Duvalier, en 1964 ?

En tout cas, on ne peut pas dire que Kamala Harris, candidate à la présidence en 2024, n’avait pas prévenu les électeurs de la nature fasciste du président va-t-en-guerre.

Dans un court texte de vœux que j’ai publié, samedi, je vous ai exhortés à continuer à faire preuve de sens critique, à rester engagés et informés afin de contribuer à la construction d’un monde plus juste et fraternel.

Or, malheureusement, l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse nous montre que nous ne sommes pas près de voir un monde plus juste et fraternel.

Donald Trump n’est peut-être pas celui qui a provoqué la dislocation du tissu fraternel des Amériques, mais il est en train d’instaurer un climat de peur et d’incertitude dans le continent.

Quant au Canada et le Mexique, ce n’est pas rassurant de savoir que son voisin a l’habitude de s’introduire par effraction chez les gens avec l’intention d’y commettre des actes outrageux.

Comme le pensent certains analystes, aujourd’hui le Venezuela, demain la Colombie ou le Canada ?

Bref, pour certains Vénézuéliens, l’opération militaire des Américains constitue une libération, alors que, pour d’autres, il représente une démonstration de force. Pour les Haïtiens, les Panaméens, les Grenadiens et tant d’autres, il s’agit d’un film qu’ils connaissent par cœur. L’Oncle Sam, Pirate des Caraïbes et de l’Amérique latine.

Un film d’horreur à l’affiche depuis plus d’un siècle.


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Auteur

Gagnant du prix Rédacteur (rice) d’opinion aux Prix Médias Dynastie 2022, Walter Innocent Jr. utilise sa plume pour prendre position, dénoncer et informer. Depuis 2017, il propose aux lecteurs du magazine Selon Walter une analyse critique de l'actualité.

2 Commentaires

  1. Bonjour M. Walter meeci encore pour cette remarquable analyse d’opinion comme vous le savez si bien le faire. Vous savez toujours comment placer les mots exactement à leurs place et contexte. C’est la deuxième fois que j’ai appris le mots dap piyan qui m’était complètement étranger, merci d’avoir éclairci sa définition.

    En tant que haïtien né au Québec, la nature prédatrice des États-unis ne m’ont jamais surpris. Et trump en est la représentation la plus brutale et avancée de cette barbarie. Depuis 1 siècle déjà le colon impérialiste américain n’a faite que faire couler du sang à travers le monde en faisant des millioms de victime. C’est une nation génocidaire et vampirique qui à accumulé sa richesse sur le dos des plus faibles en les exploitant er en volant tous ce qu’ils ont. Leur sois-disante puissance mondiale repose sur la fraude, le mensonge, le vol, le pillage, le sang des esclaves. Sans tous cela ils ne seraient rien.

    Ce qu’ils ont fait à Nicolas maduro est un acte désespéré d’un chien aux abois en quête de renouvellement de sa puissance en déclin.

    Ils comprennent que pour survivre les pays dont ils traitent de « crève la faim et crasseux » c’est bizarrement ces même pays que ils veulent
    Exploiter.

    Enfin, la non réaction de la communauté internationale et même leur applaudissement à cet acte de banditisme n’est pas une surprise en soi. Ils sont tous soumis à leurs maîtres car eux même se sont des impérialistes qui ont participer et coopérer à la destruction des pays pauvres. Quand ils parlent de droit international, droit universel, droit de l’homme de justice et démocratie, c’est un double langage qu’ils utilisent pour affirmer que ces principes la s’appliquent seulement entre eux et à le plus fort d’entre eux tel que l’ÉU. Ces paroles qu’ils chante devant le monde entier n’est qu’une manipulation psychologique pour donner l’illusion aux peuples non-occidentaux qu’ils sont concerné et continuer à leur dominer mentalement. C’est une forme d’esclavage modernisé prolongée. Le roman dysthopique 1984 de george orwell explique parfaitement ce concept de manipulation des mots, la double pensée.

    Quand un jour haïti et les autres pays comprendront qui ils sont vraiment, alors ils pourront s’affranchir des des chsînes d’esclavage que leur bourrrau les a imposé.

    • Walter Innocent Jr. Répondre

      Bonjour Terry ! Merci beaucoup pour les compliments ainsi que pour cette excellente analyse. Vous avez tout dit. Quant à la formule « Un Haïtien né au Québec », j’adore. Et comme vous le dites, il est temps que les Haïtiens et d’autres peuples qui ont connu l’esclavage se libèrent mentalement des chaînes de leur bourreau. Enfin, tout est possible.

      À bientôt, compatriote !

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