Société

Tuerie : les enfants vont à l’école pour apprendre et non pas pour se faire tuer


Depuis 24 heures, le Canada pleure les spet victimes qui ont été cruellement abattues dans une école de Thumbler Ridge, en Colombie-Britannique, mardi 10 février. En fait, il y a eu un total de 10 morts, car le suspect, Jesse Strang, aurait également abattu son frère et sa mère, et s’est enlevé la vie après le carnage de son ancienne école.

Dans la vague d’émotion que soulève cette tuerie, une question nous vient obligatoirement à l’esprit : que peut-on faire pour éviter que cette situation se répète ?

Car, à l’évidence, les enfants vont à l’école pour apprendre à écrire, à lire et à calculer, mais pas forcément pour calculer le nombre de camarades d’école tombés sous les balles d’un tireur fou, lourdement armé.

Pensez-y un instant : vous êtes au travail, et vous apprenez qu’une fusillade est survenue à l’école de votre enfant.

Je me souviens encore de la tuerie au collège Dawson en 2006, lorsque Pascale Nadeau, la journaliste de Radio-Canada, qui couvrait la tragédie en direct, a versé des larmes, après avoir annoncé aux téléspectateurs la présence de sa fille dans l’établissement.

Je me souviens aussi de la tuerie de l’École polytechnique de Montréal et celle de l’Université Concordia.

J’ai toujours cru que, tout comme les églises, les établissements scolaires étaient des lieux sacrés qui étaient interdits aux malfaiteurs, et qui dégageaient en nous un sentiment de mieux-être.

Eh bien, non ! Plutôt que de promouvoir la diffusion des connaissances, des individus, comme Marc Lépine et Valery Fabrikant, ont préféré propager la violence et la haine, rendant les fusillades de masse encore d’actualité.

Et au moment d’écrire ces lignes, on apprend qu’un père a abattu ses deux enfants avant de retourner l’arme contre lui, dans la nuit de mercredi, en Outaouais.

Nous ne sommes pas au bout de nos peines.

Chaque année, la violence dans le monde fait plus de 1,6 million de morts. Elle figure parmi les principales causes de décès des 15 à 44 ans dans le monde. La violence est responsable de 14 % de décès chez les hommes et de 7 % de décès chez les femmes.

Ces chiffres ne laissent aucun doute : la société est de plus en plus violente.

Or, en dépit de ce constat alarmant, nous continuons à cacher le problème ou à faire comme si tout allait pour le mieux alors que, en vérité, la récurrence de ces faits extraordinaires les rend ordinaires.

Et ce qui est encore plus inquiétant que cette violence, c’est la banalisation de la violence.


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Auteur

Gagnant du prix Rédacteur (rice) d’opinion aux Prix Médias Dynastie 2022, Walter Innocent Jr. utilise sa plume pour prendre position, dénoncer et informer. Depuis 2017, il propose aux lecteurs du magazine Selon Walter une analyse critique de l'actualité.

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