Société

Mois de l’histoire des Noirs au Québec : 35 ans, ça se fête !


Le Mois de l’histoire des Noirs. En 1990, différentes associations de la communauté noire anglophone de Montréal ont dû se battre pour importer des États-Unis ce mois commémoratif annuel qui nous fait prendre la pleine mesure de la place des Noirs dans l’histoire. Comme par magie, durant cette même année, avec l’aide du premier ministre canadien, Brian Mulroney, le héros de la lutte antiapartheid, Nelson Mandela, a été libéré le 11 février, après 27 années d’emprisonnement.

Dès lors, le mois de février a commencé à occuper une place prépondérante dans le cœur des membres des communautés noires du Québec.

Je me souviens de l’engouement que suscitait l’idée de célébrer annuellement l’histoire et la culture noire lors des rencontres du BSN (Black Students’ Network), une association des étudiants noirs de l’Université McGill, qui ont également contribué à l’émancipation du « Black History Month » dans la Belle Province.

Cela dit, lundi 2 février, c’est avec enthousiasme que j’ai assisté à la soirée de dévoilement des lauréats et lauréates du Mois de l’histoire des Noirs 2026, qui s’est tenue à l’Hôtel de Ville de Montréal.

Trente‑cinq ans, ça se fête, et pour souligner cet événement, plusieurs invités de marque ont pris la parole.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a mis l’accent sur l’importance de mettre en lumière le rôle de personnes afrodescendantes dans la société, car elles sont souvent absentes des récits historiques traditionnels.

Même son de cloche chez Michael Farkas, président de la Table ronde de l’histoire des Noirs, qui s’est assuré de saluer le travail de membres clés de la communauté noire.

Quant à Nadia Rousseau, directrice générale de la Table ronde, qui a fait son entrée au son de la chanson La Vi Ti-Nèg, de Muzion, elle a parlé justement de l’importance de se rassembler, étant donné que le thème du Mois de l’histoire des Noirs 2026 est « Élevons nos voix ensemble ».

Le porte-parole francophone de ce rendez-vous annuel, Dice B., a abordé le même sujet en laissant savoir au public que son aventure avec le Mois de l’histoire des Noirs a commencé à l’ouest de la ville, lorsqu’il fréquentait le collège Dawson. La porte-parole anglophone, Tamara Angeline Medford-Williams, a mis en évidence les belles réalisations des communautés noires, dans un long discours, très apprécié et applaudi.

Avant de mettre fin à la soirée, les 12 lauréats et lauréates ont été présentés au public.

Il s’agit de Latoya Belfon, Aly Ndiaye (Webster), Bimba Tinga, Fred Anderson, Christelle Onomo Lopes, Constantine Greenaway, Nadine Alcindor, Alix Adrien, Oluwanifemi Fagbohun, Will Baptiste, Cynthia Waithe et Dieudonné Ella Oyono, des gens qui chérissent et protègent l’héritage et le modèle de réussite de leurs ancêtres.

Presque tout a été dit au sujet de cette belle soirée, mais en guise de conclusion, je me permets d’ajouter ceci : il est temps que le Mois de l’histoire des Noirs ouvre grand les fenêtres et les portes afin de respirer l’air antillais et africain.

Car, voyez-vous, il est bien de célébrer des figures telles que Harriet Tubman, Martin Luther King et Viola Desmond, mais certaines personnes aimeraient qu’on leur parle également de Nemours Jean-Baptiste, de Walter Rodney, de Patrice Lumumba et de tant d’autres personnalités noires qui ont fait progresser la société.

Nous devons prendre conscience de l’évolution de la démographie de l’Amérique du Nord.

Par exemple, Marjorie Michel, la ministre de la Santé du Canada, est née en Haïti. Ahmed Hussen, l’ancien ministre du Logement, de la Diversité et de l’Inclusion, est né et a grandi en Somalie.

L’honorable Marjorie Michel

Donc, il est nécessaire d’élargir notre définition de la population noire afin d’être en cohérence avec sa démographie et l’augmentation du nombre d’immigrants antillais et africains.

Il a fait très froid quand nous nous sommes présentés à l’Hôtel de Ville lundi. Et les météorologues ont annoncé que le mois de février serait glacial, comme toujours.

Pourquoi donc toutes ces activités dans ce froid sibérien, vous demandez-vous ?

En 1926, l’historien afro-américain Carter G. Woodson a choisi le mois de février pour

l’enseignement de l’histoire des Noirs en raison de la coïncidence des anniversaires d’Abraham Lincoln le 12 février et de Frederick Douglass le 14 février, deux personnes qui ont joué un rôle clé dans l’émancipation des Noirs américains.

Et, comme vous le savez, les événements entourant le Mois de l’histoire des Noirs sont nourris de chaleur humaine, et c’est la raison pour laquelle votre présence est appréciée et saluée par les organisateurs.


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Auteur

Gagnant du prix Rédacteur (rice) d’opinion aux Prix Médias Dynastie 2022, Walter Innocent Jr. utilise sa plume pour prendre position, dénoncer et informer. Depuis 2017, il propose aux lecteurs du magazine Selon Walter une analyse critique de l'actualité.

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